Collectif SAT-ellites
Mission inter-bailleurs

Collectif
SAT-ellites

Une nouvelle étape dans l’histoire collective des bailleurs de la SAT

Depuis plusieurs années, les bailleurs de la Sambre-Avesnois-Thiérache construisent une manière commune d’agir dans le cadre du Pacte SAT. Cette dynamique a rendu plus visible le rôle du logement social dans la transformation du territoire et rappelé la place des bailleurs comme acteurs de proximité, opérateurs d’aménagement, partenaires des collectivités et présences essentielles dans la vie quotidienne des habitants.

Avec SAT+, cette histoire collective franchit une nouvelle étape. La mission ouvre le chantier de l’adaptation du parc social au changement climatique, en reliant le confort dans les logements, les charges, la qualité des espaces extérieurs, la santé, la tranquillité et la capacité des habitants à comprendre les transformations de leur cadre de vie.

SAT+ mobilise les Solutions fondées sur la nature pour restaurer la résilience des milieux habités, depuis le lieu jusqu’à la manière de l’habiter. Pensée comme une recherche-action interbailleurs, la mission adapte un parc social exposé aux aléas climatiques tout en répondant aux fragilités sociales et sanitaires du territoire.

Manifeste climat

Du réchauffement climatique à l’adaptation au changement

Le réchauffement climatique trouve son origine dans l’augmentation massive des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines : industrialisation, extraction et combustion du charbon, du pétrole et du gaz, artificialisation des sols, intensification des transports, des productions et des consommations. Depuis plus d’un siècle, nos sociétés ont libéré dans l’atmosphère une quantité de carbone que les grands équilibres naturels ne peuvent plus absorber au même rythme.

Le « réchauffement climatique » se mesure par une hausse des températures moyennes : ici, on évoque bien la notion de climat.

Mais l’être humain ne perçoit pas, ou peu, l’augmentation d’une température moyenne. Sauf à l’observer scientifiquement, on ne vit pas le climat : on vit la météo. Le changement se manifeste dans les écarts et les extrêmes : vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues ou plus intenses ; sécheresses plus marquées ; pluies plus violentes et irrégulières ; saisons moins prévisibles. Il en résulte que les sols, les cours d’eau, les forêts et l’ensemble des organismes vivants sont soumis à des contraintes nouvelles.

Pour que cette modification du climat soit mieux comprise, il a fallu adapter le registre lexical : une trop grande partie du public peine à distinguer le climat de la météo. La terminologie et la sémantique ont donc évolué : il ne s’agit plus de nommer une hausse des températures moyennes, mais de rendre perceptible l’ensemble des déséquilibres qu’elle entraîne. On parle donc désormais de « dérèglement » ou de « changement » climatique, plutôt que de « réchauffement ».

Le réchauffement est l’origine physique. Le changement désigne ce que cette chaleur supplémentaire déplace, dérègle, intensifie ou fragilise dans l’atmosphère, les océans, l’eau, les sols, les glaces, les milieux vivants et les sociétés humaines.

L’augmentation de la chaleur agit sur les grands équilibres physiques du climat.

Dans l’atmosphère, elle augmente la capacité de l’air à contenir de la vapeur d’eau. Elle modifie ainsi les conditions de formation des pluies, leur intensité, leur répartition et leur saisonnalité.

Dans les milieux glaciaires, elle accélère la fonte des glaciers et des calottes, ce qui contribue à l’élévation progressive du niveau marin et modifie les régimes d’eau en aval des massifs. La diminution des surfaces de glace réduit l’albedo de ces écosystèmes — leur capacité à réfléchir l’énergie solaire — et affaiblit leur rôle de régulation thermique dans le système climatique.

Dans les océans, elle élève la température de l’eau et provoque sa dilatation, ce qui contribue également à l’élévation des niveaux des mers.

Cette chaleur supplémentaire agit aussi sur les sols et le vivant. Elle augmente l’évaporation, assèche plus rapidement certains sols, fragilise les végétations, modifie les besoins en eau des plantes, des animaux, des cultures et des activités humaines.

Le réchauffement modifie les équilibres entre l’air, l’eau, les sols, les glaces et le vivant.

De ces déséquilibres découlent des conséquences en cascade.

Plus de chaleur engage davantage d’évaporation. Dans certains territoires, les sécheresses deviennent plus longues, plus sévères ou plus fréquentes. Elles apparaissent aussi dans des territoires qui y étaient jusqu’alors peu ou rarement exposés.

Mais cette augmentation de l’évaporation charge l’air d’humidité, ce qui intensifie les pluies lorsque les conditions sont réunies. L’eau tombe plus vite, plus fort, sur des sols qui n’ont plus toujours la capacité de l’absorber.

Des pluies plus intenses augmentent les risques de ruissellement, de débordement de cours d’eau, d’inondations rapides, d’érosion des sols et de saturation des réseaux.

Des épisodes humides prolongés saturent les sols et provoquent les remontées de nappes.

En montagne, l’augmentation de la température moyenne entraîne le recul des glaciers, l’évolution du manteau neigeux et la dégradation du pergélisol. Ces transformations accroissent les risques de crues torrentielles, d’éboulements, de glissements, d’avalanches ou de coulées.

Sur les littoraux, l’élévation du niveau marin aggrave les risques de submersion, d’érosion côtière et de recul du trait de côte.

Tous les territoires ne sont pas exposés aux mêmes risques. Mais tous participent à un même système dérégulé.

Ces phénomènes physiques atteignent ensuite les milieux vivants.

Forêts, prairies, zones humides, haies, sols agricoles et cours d’eau ne sont pas seulement des paysages. Ils régulent la température, ralentissent l’eau, abritent des espèces, protègent les terres, stockent du carbone et soutiennent les cycles naturels. Quand ces milieux sont affaiblis, ils protègent moins. Les sécheresses fragilisent les arbres, les prairies et les zones humides. Les incendies détruisent des habitats, relâchent du carbone et réduisent parfois la capacité future des milieux à en stocker. Les sols appauvris ou mis à nu retiennent moins l’eau, s’érodent plus vite et résistent moins aux épisodes extrêmes.

Les ravageurs, les espèces invasives et certaines maladies progressent plus facilement dans des écosystèmes déjà contraints. La biodiversité recule alors comme diversité d’espèces, mais aussi comme capacité du vivant à réguler, réparer, ou au moins atténuer les effets du dérèglement.

L’augmentation des eaux atteint aussi directement les milieux vivants. Lors d’épisodes violents, elle arrache les sols, détruit des habitats, déplace des espèces, asphyxie certaines végétations et modifie durablement les équilibres des milieux impactés. Sur les littoraux, l’entrée d’eau salée transforme les sols, fragilise certaines flores et bouleverse les habitats qui dépendent d’un équilibre précis entre eau douce et eau salée.

La crise climatique et la crise du vivant se renforcent donc l’une l’autre.

Dans ce vivant, il y a aussi les êtres humains, et leur organisation en société.

La qualité de l’air peut se dégrader, à l’extérieur comme à l’intérieur.

Les risques liés à l’eau, aux maladies vectorielles et aux événements extrêmes progressent.

Les vagues de chaleur augmentent les risques sanitaires pour les personnes isolées, précaires, mal logées ou déjà fragilisées, particulièrement pour les enfants en bas âge et les personnes âgées.

Pour les cultures et l’élevage, le stress hydrique génère pertes de rendement, aléas de production, maladies, et parasites. Les revenus agricoles deviennent plus instables. Les filières alimentaires locales se fragilisent. Les besoins des milieux, des habitants, de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie se concentrent sur les mêmes ressources : les tensions sur l’eau augmentent.

Les sols eux-mêmes sont également pris dans l’alternance d’épisodes pluvieux plus intenses et de sécheresses plus fréquentes et prolongées.

Lorsqu’ils sont vivants, couverts, perméables, ils absorbent, filtrent, retiennent et redistribuent l’eau. Lorsqu’ils sont artificialisés, compactés, appauvris ou mis à nu, ils répondent moins bien aux sécheresses comme aux pluies intenses. Dans les sols argileux, l’alternance entre sécheresse et réhydratation provoque des phénomènes de retrait et de gonflement.

Ce phénomène naturel devient un risque lorsqu’il rencontre le bâti : fondations fragilisées, fissures, coûts de réparation, inquiétudes des ménages, fragilité assurantielle.

Les bâtiments et les réseaux entrent donc aussi dans la chaîne des vulnérabilités. Les inondations, le ruissellement, les mouvements de terrain, la chaleur, les sécheresses et le retrait-gonflement des argiles peuvent endommager le bâti, les voiries, les réseaux d’eau, d’assainissement, d’énergie et de télécommunications.

À ce stade, le risque devient territorial.

Il dépend des phénomènes climatiques, mais aussi de l’état des sols, des choix d’aménagement, des modèles agricoles, des formes urbaines, des matériaux, de l’entretien, de la place laissée à l’eau et au végétal et des capacités économiques des ménages.

Mais il dépend aussi de la capacité des collectivités et des acteurs locaux à anticiper, réparer ou transformer.

C’est cette chaîne de conséquences qui explique la distinction entre atténuation et adaptation.

Atténuer, c’est agir sur la cause : réduire les émissions de gaz à effet de serre, ralentir le réchauffement, limiter l’aggravation des risques.

Adapter, c’est agir sur les effets, les expositions et les vulnérabilités : préparer les territoires, les bâtiments, les milieux et les habitants aux conséquences déjà engagées ou désormais probables.

L’adaptation commence donc par cette question : parmi les risques auxquels nous sommes réellement exposés, lesquels relèvent de nos capacités d’action ?

L’évaluation européenne des risques climatiques identifie 36 risques majeurs pour l’Europe, répartis en cinq grands ensembles : les écosystèmes, l’alimentation, la santé, les infrastructures, l’économie et la finance.

Écosystèmes

Écosystèmes côtiers ; écosystèmes marins ; biodiversité et puits de carbone affectés par les incendies ; déplacements d’aires de répartition des espèces ; effets des espèces invasives sur les écosystèmes et les sociétés ; santé des sols ; écosystèmes aquatiques et zones humides ; biodiversité et puits de carbone affectés par les sécheresses et les ravageurs ; effets en cascade des perturbations forestières.

Alimentation

Production végétale ; pêche et aquaculture ; sécurité alimentaire fragilisée par la hausse des prix ; sécurité alimentaire fragilisée par les impacts climatiques hors d’Europe ; production animale.

Santé

Stress thermique pour la population générale ; exposition des populations et du cadre bâti aux incendies ; bien-être affecté par des bâtiments non adaptés ; stress thermique pour les travailleurs en extérieur ; pathogènes dans les eaux côtières ; systèmes et infrastructures de santé ; maladies infectieuses.

Infrastructures

Inondations pluviales et fluviales ; inondations côtières ; dommages aux infrastructures et aux bâtiments ; perturbations énergétiques liées à la chaleur et à la sécheresse ; perturbations énergétiques liées aux inondations ; transport maritime ; transports terrestres.

Économie et finance

Mécanismes européens de solidarité ; finances publiques ; marchés immobiliers et assurantiels ; populations et économie affectées par la rareté de l’eau ; chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques ; chaînes d’approvisionnement en matières premières et composants ; marchés financiers ; tourisme hivernal.

Cette liste montre l’ampleur du sujet.

Le changement climatique ne relève pas seulement de l’environnement : il produit des risques sociétaux qui touchent les écosystèmes, l’alimentation, la santé, mais aussi les bâtiments, les réseaux, les assurances, l’économie, les finances publiques et les solidarités collectives.

Elle permet aussi de comprendre pourquoi un territoire doit choisir ses priorités. Aucun projet local ne peut traiter l’ensemble des risques climatiques. Un projet d’adaptation doit partir des expositions réelles, des vulnérabilités du territoire et des leviers d’action disponibles.

À partir de ce panorama large, SAT+ resserre son champ d’action.

Tous les risques identifiés à l’échelle européenne ou nationale ne concernent pas directement la Sambre-Avesnois-Thiérache. Les risques littoraux, les cyclones, les avalanches ou les risques de haute montagne existent, mais ils ne structurent pas l’adaptation du territoire.

En revanche, la chaleur, les sécheresses, les inondations, le ruissellement, les remontées de nappes, le retrait-gonflement des argiles, certains mouvements de terrain, les tensions sur l’eau, la fragilisation des sols, les vulnérabilités agricoles, les atteintes au vivant, les précarités sociales, l’inconfort d’été et les dommages au bâti concernent directement les milieux habités.

SAT+ intervient là où le territoire est exposé, là où les habitants sont vulnérables, et là où une action locale peut transformer les conditions d’adaptation.

Le logement social devient alors un point d’entrée concret. Il dépend du sol qui le porte, de l’eau qui circule autour de lui, des espaces extérieurs qui l’entourent, des continuités végétales qui ombrent et rafraîchissent, des usages quotidiens qui l’animent et des ressources locales qui peuvent soutenir sa transformation.

Surtout, ces logements sont des lieux de vie pour des personnes souvent plus fragiles. Ils doivent répondre aux besoins de confort d’aujourd’hui, tout en préparant les conditions d’habitabilité de demain.

C’est pourquoi SAT+ place le vivant au centre.

Un sol vivant infiltre mieux l’eau. Une haie ralentit les écoulements, protège les terres, abrite la faune, soutient les cultures et peut contribuer à des ressources locales. Un arbre apporte de l’ombre, rafraîchit l’air, améliore le cadre de vie et accueille le vivant. Une zone humide régule l’eau, stocke du carbone, soutient la biodiversité et limite les effets des excès.

Les Solutions fondées sur la nature ont cette force : elles ne répondent jamais à un seul problème. Elles produisent des co-bénéfices pour l’eau, les sols, la biodiversité, la santé, le confort, le paysage, les usages et les habitants.

« SAT+ mobilise les Solutions fondées sur la nature pour restaurer la résilience des milieux habités, depuis le lieu jusqu’à la manière de l’habiter. »

Son ambition est de faire de l’adaptation un acte concret de réparation : protéger les habitants, renforcer les logements, transformer les espaces habités en milieux plus favorables au vivant, préserver l’eau, soutenir les sols, réduire les vulnérabilités et privilégier des solutions sobres, passives et durables.

Cadre institutionnel

Le Pacte SAT 3

Le projet de recherche-action présenté sur ce site s’inscrit dans le cadre du Pacte SAT 3, contrat territorial porté par l’État et les collectivités pour accompagner la transformation de la Sambre-Avesnois-Thiérache.

Ce cadre institutionnel permet d’ancrer les démarches de réhabilitation et d’adaptation du parc social dans une action publique partagée, au service de la résilience territoriale.

Direction mission SAT+ : Emmanuelle Ollivier-Sénéchal
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Contact mission SAT+

Emmanuelle Ollivier-Sénéchal

Directrice de l’innovation territoriale — mission interbailleurs de la SAT.

+33 (0) 7 87 02 22 19 ollivier.emmanuelle@groupe-sai.fr
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