Cette atteinte au vivant a des effets directs sur les ressources, et parmi elles l’agriculture et l’alimentation. Les cultures et l’élevage subissent le stress hydrique, les pertes de rendement, les aléas de production, les maladies, les parasites, la baisse de disponibilité de l’eau et l’irrégularité croissante des saisons. Les revenus agricoles deviennent plus instables. Les filières alimentaires locales peuvent être fragilisées. Les tensions sur l’eau augmentent lorsque les besoins des milieux, des habitants, de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie se concentrent sur les mêmes ressources.
Les conséquences atteignent aussi directement les corps et les conditions de vie. Les vagues de chaleur augmentent les risques sanitaires, en particulier pour les personnes âgées, isolées, précaires, mal logées ou déjà fragilisées. La qualité de l’air peut se dégrader, à l’extérieur comme à l’intérieur. Les risques liés à l’eau, aux maladies vectorielles et aux événements extrêmes progressent. Les logements inadaptés deviennent des lieux d’inconfort, parfois de danger. La répétition des catastrophes, des pertes matérielles, des restrictions et de l’incertitude affecte aussi la santé mentale.
Les bâtiments et les réseaux entrent également dans la chaîne des vulnérabilités. Les inondations, le ruissellement, les mouvements de terrain, la chaleur, les sécheresses et le retrait-gonflement des argiles peuvent endommager le bâti, les voiries, les réseaux d’eau, d’assainissement, d’énergie et de télécommunications. Le risque devient territorial : il dépend de l’état des sols, des formes urbaines, des matériaux, de l’entretien, des choix d’aménagement, de la place laissée à l’eau et au végétal, mais aussi des capacités économiques des ménages, des collectivités et des acteurs locaux à anticiper, réparer ou transformer.
À l’échelle collective, ces conséquences deviennent systémiques. Elles touchent les services essentiels, les assurances, les finances publiques, les coûts de réparation, les coûts énergétiques, les chaînes d’approvisionnement, les activités économiques et les solidarités locales. Les tensions sur l’eau, par exemple, ne relèvent pas seulement du climat : elles dépendent aussi des modèles agricoles, des choix de stockage, de l’irrigation, de la protection ou de la destruction des zones humides, de l’état des sols et de la manière dont les usages sont arbitrés. Le changement climatique révèle donc autant des fragilités physiques que des fragilités d’organisation.