Collectif SAT-ellites
Mission interbailleurs

Projet SAT+

Recherche-action 2026–2028

SAT+ mobilise les Solutions fondées sur la naturepour restaurer la résilience des milieux habités,depuis le lieu jusqu’à la manière de l’habiter.

SAT+ est une recherche-action portée par le collectif interbailleurs de la Sambre-Avesnois-Thiérache pour adapter le parc social au changement climatique, en articulant caractérisation du parc, programmation des travaux et accompagnement des usages.

La démarche croise les données sociales, les performances énergétiques et les vulnérabilités climatiques afin d’identifier les sites d’expérimentation. Elle cherche à faire émerger des solutions sobres, concrètes et reproductibles, capables d’améliorer les milieux de vie autant que les conditions d’habiter.

Les habitants sont associés comme témoins, usagers et acteurs des transformations, afin que les choix engagés deviennent des améliorations concrètes du quotidien : plus de confort, plus de lisibilité, plus de lien, et une meilleure santé sociale, physique et psychique.

La démarche s’organise autour de quatre entrées complémentaires, qui permettent de lire ensemble les vulnérabilités des milieux habités et les leviers d’action possibles.

Terre Eau Feu Air

Dans SAT+, ces quatre éléments sont traduits en champs opérationnels — sols, eaux, énergies, conforts — afin de relier les transformations techniques aux conditions concrètes d’habiter. Ils permettent d’aborder l’adaptation du parc social comme une démarche de santé globale, attentive à la santé physique, sociale et psychique des habitants.

Carnet de mise en œuvre

Les notes ci-dessous rendent compte de la construction de la recherche-action : les différentes étapes de démarche sont décrites afin de partager la méthode employée et son avancement au fil du temps.

01Croiser les données sociales, patrimoniales et opérationnelles

Caractériser pour identifier

À ce stade, trois tableaux de bord sont mis en ligne afin d’appuyer la caractérisation des sites d’expérimentation. Ils rassemblent des données agrégées qui ne cherchent pas à produire un classement automatique des résidences, mais à constituer un support de lecture croisée : localiser les patrimoines à traiter en priorité au regard de la réglementation énergétique, observer leur vulnérabilité au changement climatique à différents horizons temporels, puis mettre ces informations en relation avec les programmations de travaux des bailleurs.

Les dashboards partagés permettent aujourd’hui d’observer trois strates complémentaires : le portrait social du territoire, les performances énergétiques du patrimoine et les vulnérabilités climatiques du parc social.

Le portrait social du territoire est réalisé à partir des bases de données de l’INSEE. Il permet de situer les dynamiques démographiques, le vieillissement de la population, les niveaux d’activité, de diplôme, de revenus et d’attractivité territoriale, afin de mieux comprendre les potentiels comme les fragilités du territoire. Dans un second temps, cette lecture sera complétée par une caractérisation plus fine du peuplement, à l’échelle des résidences concernées.

Le portrait énergétique du patrimoine s’appuie sur les données disponibles du RPLS. Il permet d’identifier les logements et résidences concernés par les priorités réglementaires de rénovation énergétique, notamment dans le cadre de la loi Climat et Résilience. Ces données seront ensuite précisées par les dernières mises à jour des diagnostics thermiques et énergétiques, puis croisées avec les programmations de travaux des bailleurs — nature des interventions, changement d’équipements, calendriers prévisionnels — afin d’identifier les résidences au sein desquelles les locataires pourront percevoir des changements concrets de confort et d’usage.

Les indicateurs de vulnérabilité climatique permettent enfin d’anticiper les sensibilités du patrimoine aux effets du changement climatique, en cohérence avec les horizons temporels d’adaptation du PNACC-3. Ils s’appuient notamment sur l’étude de vulnérabilité du parc social des Hauts-de-France portée par l’URH, avec Setec et le CSTB. Cette étude croise l’exposition aux aléas climatiques — fortes chaleurs, retrait-gonflement des argiles, inondations par ruissellement, débordement ou remontée de nappes, submersion marine, érosion côtière — avec les caractéristiques de sensibilité du bâti issues de la Base de Données Nationale des Bâtiments.

Dans le cadre de SAT+, ces données sont mobilisées comme une première grille de lecture. Elles seront confrontées aux programmations de réhabilitation, puis enrichies par les échanges avec les directions patrimoniales et les équipes de gestion locative, afin de déterminer les sites d’expérimentation où les habitants pourront devenir grands témoins des transformations des usages.

02Construire les axes d’action avec SOLIHA

Déterminer les axes de médiations sociales

La démarche s’appuie sur les actions de médiation sociale déjà portées sur le territoire par SOLIHA, acteur associatif de l’habitat engagé auprès des ménages dans l’amélioration de leurs conditions de logement et le maintien à domicile des publics fragiles.

Dans le cadre de SAT+, ces actions seront mises en relation avec les enjeux d’adaptation au changement climatique. Les ateliers animés par SOLIHA constituent des points d’entrée concrets pour aborder le logement à partir des pratiques quotidiennes : économies d’énergie, qualité de l’air intérieur, qualité de l’eau, produits ménagers faits maison, prévention des accidents domestiques, droits et devoirs des locataires. Ils permettent de sensibiliser de manière simple, de favoriser l’autonomie, de réduire les dépenses liées au logement et d’accompagner des gestes plus sobres, plus sûrs et plus favorables à la santé.

En parallèle, SAT+ construit de nouvelles actions de médiation sociale, en articulation avec les programmes d’adaptation passive, les interventions portées par les bailleurs et les Solutions fondées sur la nature appelées à transformer les résidences.

Cette médiation s’articulera également avec le dispositif Cube Logement. SOLIHA interviendra en porte-à-porte pour mobiliser les locataires à l’échelle des résidences engagées, puis accompagnera la dynamique par des ateliers d’économies d’énergie. L’objectif est de faire des économies d’argent pour les locataires un point d’appui très concret pour parler d’énergie, d’équipements, de confort et de gestes du quotidien dans le logement.

En construction

Les ateliers existants de SOLIHA sont progressivement redistribués selon les champs d’action de SAT+ — sols, eaux, énergie, confort — afin d’identifier les appuis déjà mobilisables auprès des habitants.

Programme des ateliers à venir
03Répartir les vulnérabilités et former les maîtrises d’ouvrage

Répartir les vulnérabilités et former les maîtrises d’ouvrage

Les vulnérabilités climatiques et énergétiques mobilisées dans SAT+ sont organisées selon une grille de lecture par les quatre éléments — terre, eau, feu, air — auxquels répondent les champs d’action opérationnels de la démarche : sols, eaux, énergies et conforts.

Cette étape permet de passer d’une cartographie des risques à une première structuration des réponses. Les vulnérabilités liées aux sols, aux eaux, aux énergies et aux conforts sont abordées comme les composantes d’un même milieu habité. Elles appellent des arbitrages techniques, des choix de programmation, des modes de gestion et des formes de médiation capables d’accompagner concrètement les transformations du parc social.

TerreSols : retrait-gonflement des argiles, désimperméabilisation, désartificialisation, refonctionnalisation.
EauEaux : ruissellement, remontées de nappes, débordements.
FeuÉnergies : diminution de la dépendance aux énergies fossiles, EnR, confort thermique.
AirConforts : qualité de l’air, ventilation, gestion de la surchauffe d’été, santé respiratoire.

Dans cette perspective, SAT+ engage un premier travail de montée en compétence autour de la gestion intégrée des eaux pluviales. Avec l’appui de l’ADOPTA, une formation spécifique sera construite pour les maîtrises d’ouvrage des bailleurs partenaires. Elle portera sur l’intégration des principes de la GIEP dans les opérations de réhabilitation comme dans les constructions neuves, afin que les projets puissent mieux prendre en compte l’infiltration, la désimperméabilisation, le ralentissement du ruissellement et la place des sols vivants dans l’adaptation climatique.

L’enjeu est de changer de grammaire dans la manière de concevoir les projets. Aujourd’hui, les eaux pluviales sont encore pensées comme un flux à évacuer et à faire disparaître le plus rapidement possible dans des réseaux techniques, coûteux et saturés. L’objectif est ici, au contraire, de rendre à l’eau sa valeur de ressource précieuse et de l’intégrer pleinement au projet.

La Gestion intégrée des eaux pluviales [GIEP] participe à la reconstitution de milieux plus fonctionnels. Elle produit des cobénéfices directs pour la biodiversité, la prévention du ruissellement, la limitation des effets liés au retrait-gonflement des argiles et la réduction des îlots de chaleur en période de surchauffe estivale.

Elle améliore également l’économie des opérations, en privilégiant des solutions sobres, fondées sur la nature, moins dépendantes d’infrastructures lourdes et plus capables de soutenir la qualité d’usage des lieux.

Cette formation constitue un appui opérationnel important pour la mise en œuvre de SAT+. Elle permettra aux équipes de partager un socle commun, d’identifier les bons réflexes dès les premières phases de projet et de relier les choix techniques aux usages des habitants, aux contraintes de gestion et aux qualités d’ambiance recherchées dans les résidences. Le détail du programme de formation sera intégré au carnet de mise en œuvre dès sa finalisation.

En construction

Le programme détaillé de la formation GIEP sera construit avec l’ADOPTA afin de répondre aux besoins opérationnels des maîtrises d’ouvrage des bailleurs partenaires.

Programme de formation à venir
04Associer vulnérabilités, solutions et médiations
En préparation

Associer vulnérabilités, solutions et médiations

À partir de cette grille, SAT+ préparera des réponses adaptées aux vulnérabilités repérées : les solutions passives et les Solutions fondées sur la nature seront privilégiées. Chaque solution pourra être expérimentée techniquement et reliée à une action de médiation sociale ou environnementale auprès des habitants.

Des fiches solutions seront progressivement constituées pour préciser les conditions de mise en œuvre, les points de vigilance et les médiations associées.

Fiches solutions à constituer