Caractériser pour identifier
À ce stade, trois tableaux de bord sont mis en ligne afin d’appuyer la caractérisation des sites d’expérimentation. Ils rassemblent des données agrégées qui ne cherchent pas à produire un classement automatique des résidences, mais à constituer un support de lecture croisée : localiser les patrimoines à traiter en priorité au regard de la réglementation énergétique, observer leur vulnérabilité au changement climatique à différents horizons temporels, puis mettre ces informations en relation avec les programmations de travaux des bailleurs.
Les dashboards partagés permettent aujourd’hui d’observer trois strates complémentaires : le portrait social du territoire, les performances énergétiques du patrimoine et les vulnérabilités climatiques du parc social.
Le portrait social du territoire est réalisé à partir des bases de données de l’INSEE. Il permet de situer les dynamiques démographiques, le vieillissement de la population, les niveaux d’activité, de diplôme, de revenus et d’attractivité territoriale, afin de mieux comprendre les potentiels comme les fragilités du territoire. Dans un second temps, cette lecture sera complétée par une caractérisation plus fine du peuplement, à l’échelle des résidences concernées.
Le portrait énergétique du patrimoine s’appuie sur les données disponibles du RPLS. Il permet d’identifier les logements et résidences concernés par les priorités réglementaires de rénovation énergétique, notamment dans le cadre de la loi Climat et Résilience. Ces données seront ensuite précisées par les dernières mises à jour des diagnostics thermiques et énergétiques, puis croisées avec les programmations de travaux des bailleurs — nature des interventions, changement d’équipements, calendriers prévisionnels — afin d’identifier les résidences au sein desquelles les locataires pourront percevoir des changements concrets de confort et d’usage.
Les indicateurs de vulnérabilité climatique permettent enfin d’anticiper les sensibilités du patrimoine aux effets du changement climatique, en cohérence avec les horizons temporels d’adaptation du PNACC-3. Ils s’appuient notamment sur l’étude de vulnérabilité du parc social des Hauts-de-France portée par l’URH, avec Setec et le CSTB. Cette étude croise l’exposition aux aléas climatiques — fortes chaleurs, retrait-gonflement des argiles, inondations par ruissellement, débordement ou remontée de nappes, submersion marine, érosion côtière — avec les caractéristiques de sensibilité du bâti issues de la Base de Données Nationale des Bâtiments.
Dans le cadre de SAT+, ces données sont mobilisées comme une première grille de lecture. Elles seront confrontées aux programmations de réhabilitation, puis enrichies par les échanges avec les directions patrimoniales et les équipes de gestion locative, afin de déterminer les sites d’expérimentation où les habitants pourront devenir grands témoins des transformations des usages.