Un terrain humide garde de l’eau dans le sol pendant une partie de l’année. Les conditions peuvent varier sur quelques mètres : fond, pente et bordure d’un ouvrage ne reçoivent pas l’eau de la même manière.
Une prairie humide est un biotope semi-ligneux de prairie caractérisé par la présence de plantes herbacées, des joncs, des carex, dont les sols des horizons supérieurs sont influencés par les eaux souterraines ou sont temporairement inondés. Les prairies humides sont situées dans la région des valléesfluviales, des lacs ou des dépressions. Elle se trouve souvent en plaine inondable, car existante sur d’anciens marais.
Une prairie humide est un type de zone humide caractérisé par un sol saturé en eau, de manière saisonnière ou permanente, et une végétation herbacée plutôt que par des arbres.
Dans les parties de l’aménagement dont le sol reste effectivement humide : dépressions, fossés ou certaines parties basses de noues. Pour une zone en eau une grande partie de l’année, consulter la palette Végétation amphibie.
Avant de prescrire, observer le site après la pluie et en période sèche, puis croiser ces observations avec les études de sol. Vérifier aussi l’exposition, le piétinement, l’espace disponible et les accès nécessaires à l’entretien.
Comment lire les fiches ? Ces tableaux aident à choisir les graines à semer pour installer une prairie : c’est le semis. « Espèce de base proposée par le guide » désigne une plante proposée pour composer ce mélange de graines ; « Espèce complémentaire possible » désigne une plante pouvant le compléter selon le site. Il n’est pas demandé de toutes les semer, ni de les semer en quantités égales. Les proportions se définissent pour chaque projet.
Quelques repères pour choisir. La hauteur correspond à la plante développée, souvent en fleurs, et non à une hauteur de tonte. Les périodes de floraison sont indicatives : elles varient selon le climat, le sol et la fauche. Une annuelle accomplit son cycle en une année ; une bisannuelle généralement sur deux années ; une vivace vit plusieurs années. Les expositions donnent un repère de lumière : le sol et l’eau disponible restent à prendre en compte. Les données sont souvent établies au niveau de l’espèce et peuvent varier selon la sous-espèce ou la variété.
Monocotylédones
Graminées et laîches
Le nom « monocotylédones » vient de la graine : son embryon possède un seul cotylédon, une feuille embryonnaire. Dans ces tableaux, il s’agit des graminées et, pour la prairie humide, des laîches. Leurs feuilles sont généralement longues et étroites. Les laîches appartiennent aux Cypéracées ; les graminées aux Poacées. Toutes sont des plantes à fleurs, même si leurs fleurs sont souvent discrètes.
Agrostide stolonifère
Agrostis stolonifera L.
Hauteur
10–70(–100) cm
Exposition
Soleil à mi-ombre
Floraison
Juin à juillet
Durée de vie
Vivace
Cette graminée s’étend par des tiges rampantes, les stolons, qui s’enracinent au contact du sol.
Le ray-grass d’Italie figure dans le tableau d’origine comme plante cultivée. Sa présence dans la liste ne constitue pas une préconisation de semis systématique.
« Dicotylédones » est le terme traditionnel employé dans le document d’origine pour les plantes dont l’embryon possède deux cotylédons. Ici, cette rubrique rassemble notamment les renoncules, les menthes et les plantes ressemblant à des marguerites. Le titre « autres plantes à fleurs » sert de repère visuel : il ne signifie pas que les graminées ne fleurissent pas.
Angélique sauvage
Angelica sylvestris L.
Hauteur
50–150(–200) cm
Exposition
Soleil à mi-ombre
Floraison
Juillet à septembre
Durée de vie
Bisannuelle à vivace brève
Ses petites fleurs pâles sont disposées en ombelles : leurs pédoncules rayonnent comme les baleines d’un parapluie.
Les légumineuses sont une famille de plantes, les Fabacées, incluse dans le groupe précédent mais présentée à part dans le tableau. Grâce à une association avec des bactéries dans leurs racines, elles peuvent fixer l’azote de l’air. Leur introduction demande de la mesure et une provenance sauvage et locale vérifiée.
Trèfle rampant
Trifolium repens L.
Hauteur
10–40 cm
Exposition
Soleil de préférence
Floraison
Mai à septembre
Durée de vie
Vivace
Le trèfle blanc forme des tiges rampantes et porte des feuilles à trois folioles. Ses fleurs sont réunies en têtes blanches.
Décrire les conditions de chaque zone avant de définir le mélange : humidité saisonnière, texture du sol, ombre, usages et mode de gestion. Fixer les proportions, la dose et le calendrier de semis avec les professionnels selon le site et les semences disponibles.
Demander la traçabilité des lots et la provenance géographique du matériel végétal. Une espèce présente dans la région peut être vendue sous une forme horticole ou agricole différente de sa forme sauvage. La mention « prairie fleurie » ne suffit pas à qualifier un mélange.
Prévoir l’entretien dès la conception : conserver les entrées et sorties d’eau dégagées, surveiller l’installation des plantes et ajuster la fauche au développement de la végétation et aux usages. Les dates et fréquences ne sont pas identiques sur tous les sites.
Cas des légumineuses. Le guide les affiche dans une rubrique séparée mais déconseille leur ajout sans garantie d’origine sauvage et locale. Le repère « X » dans le tableau ne lève pas cette réserve.
Les descriptions servent à découvrir les plantes. Elles ne constituent pas une clé de détermination botanique.
Sources et portée de cette palette
Repères des fiches : Info Flora / Flora Helvetica, complétés selon les plantes par les références accessibles sous chaque fiche. Les préférences de lumière d’Info Flora ont été traduites en repères d’exposition. Ces indications aident au choix ; elles ne constituent pas un calendrier de floraison local garanti.
Liste et codes : HENRY E., CORNIER T., TOUSSAINT B., DUHAMEL F. & BLONDEL C. (2011), Guide pour l’utilisation de plantes herbacées pour la végétalisation à vocation écologique et paysagère en Région Nord-Pas de Calais, CRP / Conservatoire botanique national de Bailleul, p. 27. Les noms scientifiques sont ceux du tableau historique ; les descriptions et l’organisation pédagogique sont une adaptation éditoriale SAT+.
Ce document régional constitue un point de départ. Pour les projets de la SAT, vérifier les conditions locales et les références floristiques adaptées au site, notamment dans l’Aisne.
Les photographies illustrent les espèces de la palette ; un clic permet de consulter chaque cliché en entier. Lychnide fleur-de-coucou : J. Thévenot. Bandeau : gnu · AquaPortail (voir la légende).