Choisir les plantes des berges et des zones en eau une grande partie de l’année, avec une implantation de préférence en mottes.
Salicaire commune (Lythrum salicaria), une des espèces de cette palette.
Comprendre le milieu avant de choisir les plantes
Choisir · reconnaître · prescrire
Vivre entre la terre et l’eau
Description
La végétation amphibie se développe à la transition entre la terre et l’eau : les racines occupent un sol gorgé d’eau ou faiblement immergé, tandis que les feuilles et les fleurs se dressent généralement au-dessus de la surface.
Cette liste est adaptée aux zones en eau une grande partie de l’année, voire en permanence : bassins, berges de plans d’eau et autres milieux comparables.
Compte tenu de ces conditions écologiques particulières, le guide recommande une implantation de préférence à partir de mottes, plutôt que par semis de graines. Une motte est un jeune plant dont les racines restent entourées de leur substrat de culture.
Où envisager cette palette ?
Sur les berges et les parties basses durablement humides ou en eau, en tenant compte des variations de niveau. Les 14 espèces ne supportent pas toutes la même immersion : leur position se choisit selon le fonctionnement réel de l’ouvrage et les exigences de chaque plante.
Une noue qui se vide rapidement après la pluie ne relève pas automatiquement de cette palette. Pour les sols simplement humides ou à humidité modérée, consulter les palettes Prairie humide et Prairie mésophile.
Comment lire les fiches ? Les repères X et p distinguent les espèces de base proposées par le guide et les compléments possibles. Le repère (m) désigne l’emploi de plants en mottes ; il concerne ici toutes les espèces. La composition, les quantités et les emplacements se définissent pour chaque projet.
Quelques repères pour choisir. La hauteur correspond à la plante développée. Les floraisons restent indicatives et varient selon le climat et les conditions du site. Une vivace vit plusieurs années. L’exposition renseigne sur la lumière ; elle ne remplace pas la vérification des besoins en eau. Les repères botaniques ne constituent pas une clé de détermination.
Monocotylédones
Graminées, laîches, joncs et plantes de berge
Le mot « monocotylédones » désigne les plantes dont la graine possède un seul cotylédon, une feuille embryonnaire. Cette rubrique réunit ici des familles différentes : iris, graminées, laîches, joncs, massettes, rubaniers et plantain-d’eau. Les feuilles sont souvent longues et étroites, mais celles du plantain-d’eau sont ovales. Toutes ces plantes ont des fleurs, parfois très discrètes.
Alpiste roseau
Phalaris arundinacea L.
Autre nom : Baldingère.
Hauteur
1–2 m
Exposition
Soleil de préférence
Floraison
Juin à juillet
Durée de vie
Vivace
Cette grande graminée porte des feuilles larges et des fleurs regroupées au sommet de la tige. Elle s’étend grâce à des tiges souterraines, les rhizomes.
Espèce complémentaire possiblePlant en motte · (m)
Laîche des marais
Carex acutiformis Ehrh.
Hauteur
50–120 cm
Exposition
Soleil à mi-ombre
Floraison
Mai à juin
Durée de vie
Vivace
Cette grande laîche porte des feuilles allongées et des épis floraux distincts. Comme les autres carex de cette palette, elle appartient aux Cypéracées.
Espèce complémentaire possiblePlant en motte · (m)
Laîche des rives
Carex riparia Curt.
Hauteur
50–100 cm
Exposition
Soleil de préférence
Floraison
Mai à juin
Durée de vie
Vivace
Ses feuilles sont larges pour une laîche et ses épis femelles peuvent s’incliner à maturité. Sa souche rampante forme des touffes sur les rives humides.
Espèce complémentaire possiblePlant en motte · (m)
Phragmite commun
Phragmites australis (Cav.) Steud.
Autre nom : Roseau.
Hauteur
1–4 m
Exposition
Soleil
Floraison
Août à septembre
Durée de vie
Vivace
Ce grand roseau forme des peuplements denses appelés roselières. Ses inflorescences plumeuses apparaissent en fin d’été ; ses rhizomes lui permettent de coloniser l’espace.
Espèce complémentaire possiblePlant en motte · (m)
Dicotylédones
Les autres plantes à fleurs
Le terme traditionnel « dicotylédones » désigne les plantes dont la graine possède deux cotylédons, les premières feuilles de l’embryon. Ici, il regroupe l’ache, le cresson, le lycope, la menthe et la salicaire. Leurs fleurs sont réunies en petits groupes, en têtes ou en épis selon l’espèce.
Ache nodiflore
Apium nodiflorum (L.) Lag.
Hauteur
Tiges de 20–50 cm
Exposition
Soleil à mi-ombre
Floraison
Juillet à août
Durée de vie
Vivace
Ses tiges couchées peuvent s’enraciner à leurs nœuds. Ses feuilles sont divisées en folioles et ses petites fleurs claires sont réunies en ombelles.
Espèce de base proposée par le guidePlant en motte · (m)
Préparer la plantation et l’entretien
Définir les emplacements à partir des niveaux d’eau habituels et de leurs variations, du sol, de la lumière et des accès d’entretien. La profondeur d’implantation doit être précisée espèce par espèce ; aucune valeur unique ne convient à toute la liste.
Prévoir des plants en mottes avec une traçabilité de leur origine sauvage et locale. Définir avec le fournisseur les dimensions des mottes, la période de plantation, les densités et les conditions de transport et de reprise.
Anticiper le développement de la végétation. Le phragmite, la massette et le rubanier peuvent occuper beaucoup d’espace : leur implantation et leur suivi doivent être compatibles avec la taille du bassin et son fonctionnement. Un rhizome est une tige souterraine qui permet à la plante de s’étendre.
Maintenir accessibles les entrées, sorties et dispositifs de régulation de l’eau. Ajuster les interventions à la croissance de la végétation et conserver une mosaïque de zones plutôt qu’un couvert uniforme.
Sources et portée de cette palette
Repères des fiches : Info Flora / Flora Helvetica, complétés par la RHS et la SNPN selon les plantes, avec les références accessibles sous chaque fiche. Les préférences de lumière d’Info Flora ont été traduites en repères d’exposition. Ces indications aident au choix ; elles ne constituent pas un calendrier de floraison local garanti.
Liste et codes : HENRY E., CORNIER T., TOUSSAINT B., DUHAMEL F. & BLONDEL C. (2011), Guide pour l’utilisation de plantes herbacées pour la végétalisation à vocation écologique et paysagère en Région Nord-Pas de Calais, CRP / Conservatoire botanique national de Bailleul, p. 28. Les noms scientifiques sont ceux du tableau historique ; les descriptions et l’organisation pédagogique sont une adaptation éditoriale SAT+.
Ce document régional constitue un point de départ. Pour les projets de la SAT, vérifier les conditions locales et les références floristiques adaptées au site, notamment dans l’Aisne.